mai 3, 2013 | Posted in:Débat

L’effacement diffus est cité dans le rapport Sido-Poignant parmi les pistes retenues pour gérer la pointe de consommation électrique. Cette solution consiste à agréger des petits effacements de consommation, par exemple dans le domaine résidentiel.

Voltalis est l’entreprise pionnière sur ce segment de marché en France. Elle se développe notamment dans le cadre du pacte électrique breton, co-signé par l’Etat, la Région Bretagne, le RTE et l’ANAH.

 

Impact de l’effacement diffus

Effacer la consommation électrique au lieu d’augmenter la production est un concept simple sur le papier. Au global, l’équilibre entre la consommation et la production est rétabli, sans l’intervention de mécanismes générateurs de CO².

Dans la pratique, le gestionnaire de réseau sanctionne à postériori le fournisseur à l’origine des écarts. Or, l’effacement diffus entraine lui aussi un écart entre les prévisions et les consommations réelles.

Un  énergéticien qui n’est pas à l’origine du déséquilibre peut ainsi être privé d’une partie de ses consommations et sanctionné, même si sa production est conforme aux prévisions.

Effacement

Voltalis a porté l’affaire devant le Conseil d’État qui a cassé la délibération de la CRE en 2011, pour des raisons purement juridiques. Ce jugement laisse cependant un goût d’inachevé quant à la compréhension des enjeux in fine.

 

Le feuilleton juridique

La Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) a estimé en 2009 que Voltalis devait reverser une partie de ses revenus aux producteurs d’électricité pour compenser les effets de bord de l’effacement. Voltalis a porté l’affaire devant le Conseil d’État qui a cassé la délibération de la CRE en 2011, pour des raisons purement juridiques. Finalement, le 14ème article de la loi Brottes réintroduit en 2013 le versement d’une compensation par l’opérateur d’ajustement vers le fournisseur.

Ces allers/retours règlementaires témoignent d’un manque de vision le rôle que l’effacement diffus pourra avoir dans le mécanisme d’ajustement.

 

Quel avenir pour l’effacement diffus ?

Voltalis reste à ce jour le seul opérateur d’effacement diffus qualifié par le RTE et son activité est circonscrite à la Bretagne. Son activité reste relativement modeste (35 000 logements connectés) par rapport aux 7 millions de foyers chauffés à l’électricité, en France.

Le business model de Voltalis ne rémunère pas l’acteur qui efface sa consommation. Le tarif de l’électricité des particuliers n’étant pas corrélé au cours du marché, les consommateurs n’ont pas d’intérêt économique à souscrire à l’effacement diffus.

Contribuer à l’effacement diffus n’en est pas moins un geste citoyen qui limite l’activation des centrales d’appoint. Dans un contexte de développement des énergies renouvelables intermittentes en particulier, ce ressort pourra contribuer à l’équilibre du réseau.

C’est du moins ce que suggère le départ des N°1 et N°2 d’EDF EN pour prendre la tête Voltalis, en mars dernier.

 

 

 

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